la "Une" du jour - Vous pouvez cliquer pour agrandir

La

S'identifier



Statistiques

Membres : 695
Contenu : 9668
Liens internet : 6
Affiche le nombre de clics des articles : 2886147
Accueil Actualités Sortie de crise - La légalité pour Andry Rajoelina !

Sortie de crise - La légalité pour Andry Rajoelina !

PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Hery Mampionona   
Mercredi, 18 Mars 2009 00:00
Contre toute attente, Marc Ravalomanana a lâché hier le pouvoir – ce que ses opposants n’ont eu de cesse de lui demander – mais d’une manière inattendue puisqu’il l’a tout de suite transféré à un directoire militaire.
Force est de constater que, jusqu’au bout, celui qu’il convient désormais qualifier ex-chef de l’Etat s’est obstinément refusé à abdiquer au profit de Andry Rajoelina, préférant une « solution » de sortie de crise extrême, puisque récusée par tous, opposants, militaires comme communauté internationale. Et la situation s’est  compliquée davantage pendant quelques heures, le remède envisagé par l’ancien président de la République ayant eu des résultats immédiats pires que le mal. Néanmoins, pris à son propre piège, Ravalomanana a vu la situation basculer totalement en sa défaveur suite à sa stratégie, il faut le reconnaître, à haut risque.
Hier, on n’ose pas imaginer ce qui se serait passé si les armes ont parlé – et elles étaient sur le point de le faire - dans l’étroite enceinte de l’épiscopat d’Antanimena avant l’évacuation en catastrophe de Andry Rajoelina, le leader incontesté du vaste mouvement actuel, ainsi que celles des représentants de la communauté internationale dont l’ambassadeur américain Niels Marquardt. D’autres participants à la réunion, entre autres Norbert Lala Ratsirahonana, ont préféré quitter ces lieux qui sentaient véritablement la poudre. Par la suite, la rencontre s’est terminée par la « capture » des officiers supérieurs à qui ont été « transférés » (par l’entremise semble-t-il du pasteur Lala Rasendrahasina, lui aussi « appréhendé ») les pouvoirs de Marc Ravalomanana. Dans tous les cas, celui-ci a encore compliqué sciemment une situation qui, auparavant, était déjà un véritable sac de nœuds.
Communauté internationale tournée en bourrique
Et on peut dire que la communauté internationale a été, une fois de plus, tournée en bourrique par celui qu’elle semblait pourtant jusqu’ici protéger en condamnant tout schéma de résolution de l’actuelle crise en dehors des dispositions légales et constitutionnelles. Une sévère mise en garde avait d’ailleurs été lancée par cette même communauté internationale  à l’endroit des militaires du Capsat au cas où ceux-ci s’aventuraient à instaurer un directoire militaire. Il était incontestable que l’ultime voie choisie par Marc Ravalomanana - un directoire, qui plus est militaire - quel qu’en soit l’objectif à court, moyen ou long terme, n’est nullement prévue dans la loi fondamentale. La logique aurait donc dû dicter que cet acte de Marc Ravalomanana soit condamné énergiquement par la communauté internationale, c’est-à-dire l’Onu, l’Ua et particulièrement les pays qui se posent en chantres de la démocratie, les Etats-Unis en première ligne. Il était pourtant étonnant que l’ambassadeur de pays de l’oncle Sam ait été le seul des chancelleries étrangères, pris dans le cafouillage d’hier à Antanimena, lorsqu’il  a assisté à une réunion  qui aurait été convoquée – et le conditionnel est de rigueur - apparemment pour entériner la mise en place du directoire militaire.
Situation paradoxale
Et la situation était des plus paradoxales puisque c’étaient les militaires malgaches eux-mêmes qui s’opposaient, et avec toute leur énergie, au transfert de pouvoirs au profit d’un... directoire militaire. La réaction des hommes en treillis se comprend d’ailleurs car d’une part, c’était une issue qu’ils ont toujours refusée d’emprunter (ils l’ont dit et redit maintes fois) et d’autre part,  la transition aurait été donc contrôlée par une structure dont les membres ont été « désignés » par l’ancien président de la République. Dans ces conditions, elle avait de très fortes chances d’aboutir à une chose : le retour de celui-ci au pouvoir. Est ce que c’était, en finalité, le but de ce dernier plan de Marc Ravalomanana ? Dans cette éventualité, les militaires qui se sont opposés ouvertement à l’ex-chef de l’Etat n’auraient plus eu d’autres alternatives que de s’exiler s’ils ne voulaient pas subir les représailles de celui qui aurait pu redevenir alors leur... « Chef suprême » !
L’occasion en or
Mais, au lieu d’aboutir à cet objectif présumé de l’ancien locataire d’Iavoloha, ce dernier avait bien, au contraire, servi sur un plateau d’argent l’occasion en... or pour régler une bonne fois pour toutes la crise, et cerise sur le gâteau, tout en restant du même coup dans la stricte constitutionnalité. Puisque Marc Ravalomanana a été bel et bien un « démissionnaire de fait » en se dessaisissant volontairement de ses pouvoirs, les légataires de ces derniers ont choisi à leur tour de céder ces mêmes pouvoirs à la Hat dirigée par Andry Rajoelina. Et ces officiers supérieurs, « les plus anciens parmi les plus hauts gradés », étaient bien parfaitement en droit de le faire. Finalement, dans sa dernière stratégie pour essayer de tirer son épingle du jeu, l’ancien président de la République s’est retrouvé dans la situation peu enviable de l’arroseur arrosé.
Hery Mampionona
 

la "Une" Inona no Vaovao - Vous pouvez cliquer pour agrandir

La
Pub-Mada.du 17 mars 2010
 
moov

Connexion en ce moment

Nous avons 95 invités en ligne