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Sanctions de l’Union africaine - Même contre de hauts magistrats malgaches

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Écrit par Rolly Mercia et A. Lepêcheur et Corinne R.   
Vendredi, 19 Mars 2010 00:30
Si l’Union africaine, dans les sanctions qu’elle a prises, s’est cantonnée à infliger celles - ci à des personnalités purement politiques, cela pourrait encore passer, étant entendu que le problème, vécu dans le pays, est également politique. Mais quand elle s’est attaquée à de hauts magistrats, de surcroît membres d’une Institution légale et régulière, l’acte vaut, purement et simplement, une ingérence flagrante dans le mécanisme institutionnel de Madagascar. Et le fait d’avoir sanctionné de hauts responsables militaires constitue la goutte d’eau qui pourrait faire déverser le vase.
La liste des 109 noms, que l’Union africaine a sanctionnés (voir notre édition d’hier), vient d’être mise à la connaissance du grand public hier (voir page 4). Outre les membres de la Présidence de la Haute autorité de la Transition (Hat) et ceux du Gouvernement Vital, dont le fait d’être sanctionnés pourrait encore passer, étant entendu que - la crise étant politique - les personnes sanctionnées devraient également être des politiques, le fait par l’Union africaine d’avoir fait braquer ses canons sur de hauts magistrats, de surcroît membres d’une Institution légale et régulière, constitue une incontestable ingérence dans le mécanisme institutionnel de Madagascar. En effet, tous les membres de la Haute Cour constitutionnelle (Hcc) ont été frappés par ces sanctions de l’Union africaine (Ua). Membres de la Hcc qui, faut - il le rappeler, ont été nommés à leurs postes par Marc Ravalomanana. Et Hcc qui n’a pas été suspendue par le régime transitoire, eu égard au fait que Andry Rajoelina et son équipe ont voulu faire valoir, dès leur accession à la magistrature suprême du pays, qu’ils entendent, absolument et impérativement, observer tous les textes en vigueur et, par voie de conséquences, avoir devant eux une Institution légale, chargée de contrôler et de valider tous les actes qu’ils ont pris.
Des moins que rien…
Mais l’Ua n’a pas voulu voir les choses de cet œil. Ainsi, sans avoir manifesté la moindre scrupule, elle n’a pas hésité à faire traîner lesdits hauts magistrats de la Hcc devant son « prétoire » et, plus grave encore, à les condamner. En d’autres termes, cette instance suprême de l’Afrique vient de faire valoir aux yeux du monde entier qu’elle considère ces hauts magistrats malgaches comme des moins que rien. Ni plus ni moins. Une véritable insulte infligée à une Nation indépendante et souveraine. Et une incontestable déclaration de guerre lancée contre un Peuple libre, indépendant et souverain. D’ailleurs, nullement satisfaite d’avoir souillé l’honorabilité de la Justice de Madagascar, la même Union africaine n’a également pas cillé pour injurier l’Armée, la Gendarmerie et la Police nationales malgaches. En effet, elle a sanctionné des Officiers généraux et supérieurs du pays, encore en exercice légal. Des étoilés et autre boutonnés de Madagascar qui n’ont pour autant pas lancé la moindre attaque contre une quelconque Nation africaine. Cette pratique porte un nom : outrage et offense à de hauts gradés militaires d’un pays indépendant et souverain. Formulée autrement, l’Union africaine vient ainsi de mettre au poteau des militaires malgaches qui, pourtant, n’ont perpétré le moindre crime en terre africaine.
Nulle et ignorante…
Quoi qu’il en soit, cette haine viscérale, manifestée par l’Union africaine contre le Peuple malgache, à travers les leaders qui ont emmené ce dernier vers le grand changement, a tiré sa source sur un motif clair : elle est incontestablement outrée d’avoir, en face d’elle, une Nation qui, indépendante et souveraine, n’a pas voulu se plier en quatre devant son bon vouloir. Faut - il, en effet, réitérer ici que cette Union africaine a, dès l’entame de sa médiation sur Madagascar, fauté et fait fausse route en ayant créé les mouvances Ratsiraka et Zafy comme des parties impérativement prenantes à la résolution de la crise malgache ? En ce sens que cette instance suprême de l’Afrique, se targuant d’être le gendarme du Continent noir, a étalé sous les yeux de la planète entière qu’elle a été complètement nulle et ignorante en ce qui concerne l’histoire politique de Madagascar. Pis, elle a fait valoir qu’elle reste cruellement incapable d’évaluer et d’entreprendre une médiation digne de ce nom. En d’autres termes, l’Ua a dévoilé au monde entier qu’elle ne vaut rien, absolument rien, en ce qui concerne la diplomatie internationale et ses arcanes.
« Marque déposée » de l’Afrique
D’ailleurs, cette instance suprême de l’Afrique n’a fait que conforter scandaleusement ses incompétences et sa nullité absolue, quand elle a décidé de garder le mutisme sur la fameuse « Résolution » de Maputo III.
« Résolution » où, outre les leaders des trois mouvances malgaches, Joaquim Chissano, pourtant chef de l’Equipe de médiation sur Madagascar, s’est vulgairement illustré dans ses actions actives ayant assassiné la Charte de Maputo et l’Acte additionnel d’Addis - Abeba.  En tout cas, l’Union africaine a tout fait pour noyer cette bévue monumentale de sa médiation. Et, pour ce faire, elle n’a trouvé mieux que de tirer aveuglément des rafales sur des leaders politiques malgaches ayant pourtant pu faire détrôner un dictateur, un assassin, un escroc notoire et à grande échelle, un adepte du Satanisme, etc. de son piédestal. D’ailleurs, l’Union africaine vient de faire valoir, de par ces sanctions qu’elle a prises, qu’elle n’est guère effectivement… africaine pour rien. En effet, faut - il encore rappeler ici que, dans la majeure partie du Continent africain, seules les armes - blanches ou de guerre - constituent l’unique langage et moyen de règlement des problèmes ? Une incontestable… « marque déposée » de l’Afrique. Et une véritable… « identité africaine » qui, d’ailleurs, différencie ce Continent noir des autres. « Marque déposée » de l’Afrique et « identité africaine » qui, de surcroît, recèlent une spécificité unique au monde : la pratique de la polygamie tant appréciée par quelques - uns de ses hauts dirigeants. Polygamie à… lit ouvert, (pardon) à ciel ouvert ! Vive l’Afrique !
« Collabos » malgaches
Quoi qu’il en soit, l’Union africaine a donné sa bénédiction au coup d’Etat militaire de Niger. Et elle a sanctionné les Malgaches qui n’ont pas perpétré cette pratique, armée et macabre, de prise de pouvoir. Pratique que l’Union africaine chérit tant. Car, l’Afrique c’est ça ! Quoi qu’il en soit, tous les regards sont maintenant rivés sur les « collabos » malgaches qui ont fourni à l’Union africaine cette fameuse liste des sanctionnés. Car, traditionnellement ignares tels qu’ils sont, les dirigeants de l’Union africaine n’ont pu accoucher, seuls, de cette liste. Julien Reboza (membre de la Hat) a déjà identifié ces « collabos », en ces termes : « il faut maintenant interdire de sortie les membres des trois mouvances et bloquer leurs comptes bancaires dans le pays ». En tout cas, bon nombre de Malgaches, scandalisés à outrance, ont déjà crié hier à des mesures de sanctions contre des ressortissants africains installés à Madagascar. Des mesures de sanctions qu’ils revendiquent également à appliquer contre tous produits commercialisables venant de l’Afrique noire. Autant de dérives et d’excès qui ne peuvent que faire inquiéter plus d’un. Néanmoins, civilisés et modernes tels qu’ils sont, les pays développés du monde ne vont assurément pas s’abaisser au ras des pâquerettes, ou se trouve actuellement l’Union africaine, pour aller se plier en quatre devant ces sanctions de la barbarie prises par cette dernière. Effectivement, l’Europe, l’Asie, l’Amérique, l’Arabie et les autres ne sont pas l’Afrique. Tout comme il faut réitérer ici que Madagascar n’est point l’Afrique. D’ailleurs, le vice - Amiral d’Escadre, Hyppolite Rarison Ramaroson, de surcroît vice - Premier ministre chargé des Affaires étrangères, a déjà tranché sur cette question, hier sur la Radio Viva, en ces termes : « avec ses sanctions, l’Union africaine vient de faire valoir au monde entier qu’elle a, d’une façon… unilatérale, coupé le lien entre l’Afrique et Madagascar ! ».
Rolly Mercia

Les Antsiranais, placides !
Les sanctions, prises à l’encontre de Madagascar par l’Union africaine, sont loin d’inquiéter la population d’Antsiranana. « Montrons à ces Présidents africains que nous sommes fiers d’être Malgaches et que nous n’avons pas de leçons à recevoir d’eux en matière de démocratie. Qui de ces Chefs d’Etat ne veulent pas rester éternellement au pouvoir ? Lequel d’entre eux peut se targuer d’être un vrai démocrate et de respecter les droits de l’Homme ? A Madagascar, il n’y a jamais eu de Président de père en fils, comme à la République démocratique du Congo, ni de tyran, comme Robert Mugabe. Puisqu’ils tiennent tant à geler les avoirs des dirigeants de notre pays, et bien, qu’ils le fassent ! Quant à nous, nous exigeons que l’argent du Peuple, que nos anciens dirigeants ont volé et placé dans des banques à l’extérieur, soit restitué au pays », a déclaré un commerçant de la localité qui suit de très près l’évolution de la situation politique du pays. Quant à un ancien responsable de la Commune urbaine d’Antsiranana, il croit tout simplement que «  la crise, que le pays traverse en ce moment, est voulue par les occidentaux ». « La crise, qui secoue les pays du Tiers - monde, est en fait provoquée par ceux - là même. De cette façon, face à la crise mondiale, ils n’auront pas à injecter de l’argent dans ces pays », a - t - il indiqué, avant d’exhorter les dirigeants actuels du pays à poursuivre la voie qu’ils ont tracée pour l’avènement de la 4e République.
En somme, nombre d’habitants d’Antsiranana envisagent l’issue de cette crise avec sérénité.
A. Lepêcheur

« … non validées sans l’aval des Nations unies », selon Ramakavelo
Un an jour pour jour après la prise de pouvoir du Président Andry Rajoelina, l'Union africaine a voté, hier, des sanctions à son encontre. 108 autres personnes proches du Président de la Transition sont également concernées.
Parlant en effet de ces sanctions, le Général Ramakavelo, membre de la Haute autorité de la Transition, a déclaré que « les sanctions ne pourraient être exercées qu'après validation par le Conseil de sécurité des Nations unies ». Selon toujours les explications de ce Général à la retraite, les conséquences de la décision de l’Union africaine sur toute la population malgache ne seraient pas dans l’immédiat et restent incertaines jusqu’à la décision de l’instance internationale.
Par ailleurs, « ces sanctions seront annulées si un des membres refuse leur application », a - t - il ajouté. Et la question est de savoir si le Conseil de sécurité des Nations unies va approuver à l’unanimité la décision de la Communauté du Continent noir.
Ainsi, pour une certaine frange de la population, notamment celle de la « mouvance Madagasikara » qui trouve en ces sanctions la victoire de sa longue lutte, il faut encore patienter avant de voir l’équipe de la Transition souffrir de l’interdiction de sortie ainsi que du gel des avoirs extérieurs.
Corinne R.
 

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