
Ceci, sans qu’il n’ait oublié de se référer à des statistiques établissant

que, selon sa propre perception, « les femmes, enfants et personnes âgées continuent d’être frappés par la pauvreté ». Et, contre toute attente, il a également déclaré qu’ « il faut laisser le Peuple décider ». Si la quasi - totalité de cette missive du Président de la République déchu n’est que de la pure litanie, son souhait de voir « le Peuple décider » ne pourrait qu’étonner plus d’un. En effet, il n’a cessé de revendiquer l’application stricte de la Charte de Maputo et de l’Acte additionnel d’Addis - Abeba qui ont été signés par quatre Malgaches tout simplement alors que, tout d’un coup, il semble épouser la décision du Président Rajoelina de passer par les élections, c’est - à - dire « laisser le Peuple décider », pour faire sortir le pays de la crise.
Faut - il rappeler ici à Marc Ravalomanana et à toute sa clique, ainsi qu’à la Communauté internationale, que trois ex - Chefs d’Etat, de surcroît déboulonnés de leur piédestal présidentiel par la volonté du Peuple, ne peuvent en aucun cas se prévaloir de représenter ce dernier. Et que seules les élections peuvent traduire officiellement et légalement la volonté d’un Peuple souverain et indépendant. Aussi, ne pourrait - on s’empêcher d’être ébahi d’entendre l’ex - colporteur de lait exiger la décision des 20 millions de Malgaches, pour résoudre la crise, dans sa dernière lettre ouverte et adressée à l’actuel homme fort de Madagascar. Quoi qu’il en soit, cette fameuse phrase de l’exilé en Afrique du Sud pourrait amener plus d’un à être convaincus que, acculé au pied du mur, celui - ci serait en train de reconnaître que seul le Peuple malgache pourra décider de la voie et de la manière avec lesquelles l’on pourra faire extirper le pays de cette impasse politique. Est - ce à dire que Marc Ravalomanana serait fortement désarçonné par la décision que l’Union africaine irait prendre demain et en vertu de lequelle, selon des rumeurs qui ont été colportées ici et là hier, un autre moratoire d’un mois serait accordé au régime de Transition pour se plier aux Accords signés en terre africaine ? Un moratoire… additionnel qui laisse apparaître, en tout cas, que même l’Union africaine aurait buté contre le mur dans ses actions de médiation. De toutes les façons, les faits restent têtus à Madagascar : plus question, et à jamais, de Charte de Maputo et d’Acte additionnel d’Addis - Abeba pour résoudre la crise et place aux élections pour, sans plagier Marc Ravalomanana, « laisser le Peuple décider ».
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