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Reconnaissance internationale - Les incohérences d’un refus

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Écrit par Hery Mampionona   
Mercredi, 01 Avril 2009 00:00
L’obstination de la communauté internationale à condamner le régime de transition suscite l’incompréhension (sinon l’indignation) totale auprès des citoyens pro-Andry Rajoelina.
D’autant plus que -et c’est incontestable- c’est l’ex-président de la République lui-même qui avait ouvert cette brèche de l’inconstitutionnalité et ce, de surcroît, sans qu’il y ait été forcé par qui que ce soit. Et sur ce tout dernier point, il y a un témoin capital et de taille : l’ambassadeur des Etats-Unis lui-même qui a déclaré à la presse avoir essayé, en vain, de dissuader l’ancien chef de l’Etat de céder les pleins pouvoirs à un directoire militaire.
Et c’est de là qu’est née l’incompréhension puisque, malgré ce fait indéniable, les puissances étrangères soutiennent mordicus que Marc Ravalomanana… n’a pas démissionné (!) et reste donc le président de la République en exercice (!!).  Mais de surcroît, si on pousse un peu plus loin l’analyse, objectivement, il faut bien reconnaître que, quelle que soit la voie envisagée, cette phase extra-constitutionnelle (la transition) était irrémédiablement devenue incontournable, non seulement en raison des causes profondes de la crise, mais aussi du blocage total de la situation avant le départ en catimini (pour ne pas dire le sauve-qui-peut) de Marc Ravalomanana. La question est évidemment de savoir si la communauté internationale condamne toujours Madagascar dans le cas où le directoire militaire, instauré on l’a vu par l’ancien président de la République lui-même, s’était maintenu à la tête de l’Etat. Ou encore si cette instance a cédé les pleins pouvoirs à un civil, autre que Andry Rajoelina, mais proche de Ravalomanana. Des scénarii qui, sans contestation aucune, se situent en dehors des dispositions constitutionnelles. La réponse est évidemment négative puisqu’il est même apparu que cette issue extralégale, dans sa première phase, a été cautionnée par diverses chancelleries et organisations internationales présentes sur le sol malgache lors de sa présentation à l’épiscopat d’Antanimena. Etait-ce tout simplement parce qu’elle provenait de l’ex-homme fort de l’île ?
Deux poids, deux mesures
Mais même si on revient aux premières séries de négociations avortées de Le Hintsy (sous l’égide, entre autres, des Nations unies à travers le Pnud), il avait été clairement annoncé que la solution à laquelle on voulait amener les deux parties s’apparentait en tous points à la convention du 31 octobre. Or il faut rappeler que, non seulement cette issue ne rentre dans aucun cadre légal ou constitutionnel en vigueur mais, elle aurait aussi instauré finalement -à quelques détails près- les… mêmes structures provisoires actuelles. Encore une fois et dans ce cas, le régime de transition ainsi accouché aurait-il toujours été condamné, en étant inconstitutionnel ? Assurément non. D’où cette désagréable impression de deux poids, deux mesures dans le traitement du cas malgache par les pays étrangers.
En ce qui concerne l’exigence du strict respect de la Constitution et des règles démocratiques, il faut avoir vécu et subi -dans le quotidien et pas seulement en tant que diplomate- le mode de gouvernance de Marc Ravalomanana pour comprendre le sursaut « avant l’heure » de la population malgache. En effet, sur le plan politique, on s’acheminait, lentement mais sûrement, vers un régime à dérive totalitaire et de pensée unique. Ce qui rendait pratiquement impossible toute alternance démocratique, préconisée par les pays étrangers à l’heure actuelle, que ce soit en 2011 ou même après. Dans le domaine économique, il y avait extrême urgence puisque, non seulement certains pans -et non des moindres- du monde des affaires avaient été accaparés par l’homme d’affaires-président, mais le pays, dans son intégrité territoriale, allait aussi être bradé au profit d’on ne sait quel intérêt. Et chose curieuse, certains diplomates en poste dans l’île (dont les deux derniers ex-ambassadeurs français, celui du pays d’Obama, ainsi que les représentants des institutions de Bretton Woods) avaient bel et bien signalé tous ces faits dans le temps mais bizarrement, ils se gardent bien de les rappeler à l’heure actuelle, l’on ne sait pour quelle raison.
Entre deux maux, il faut choisir le moindre
Et il est aussi étonnant de constater qu’on perde totalement de vue que, jusqu’à preuve du contraire, l’objectif avoué de la phase charnière mise en place actuellement dans le pays, même si elle n’est pas conforme à la Constitution (un mal nécessaire, finalement), est la réinstauration de vrais principes de la démocratie si chers aux pays occidentaux, mais qui faisaient totalement et cruellement défaut au pouvoir Ravalomanana. Par ailleurs, on semble aussi oublier que, comme son nom l’indique et toujours jusqu’à preuve du contraire, un régime « transitoire » n’a nullement vocation à s’éterniser au pouvoir.
Dans ces conditions, une meilleure attitude ne consisterait-elle pas alors à « accompagner » la transition actuelle -en imposant des balises- dans sa marche vers la réinstauration des vraies pratiques démocratiques ? Ce, au lieu d’imposer une solution totalement dépassée par les événements et qui d’ailleurs, n’a plus aucune chance de recevoir application. Car il faut être réaliste. Dans le meilleur des cas, la principale exigence actuelle des partenaires étrangers de Madagascar -le maintien de Ravalomanana à son poste jusqu’à la fin de son mandat en… 2011- n’aura pour conséquence que de faire perdurer la crise et dans le pire, elle aggravera la situation en plongeant le pays dans les affres de la guerre civile. Comme on dit dans la langue de Molière (et donc celle de Sarkozy), « entre deux maux, il faut (savoir) choisir le moindre »…
Hery Mampionona
 

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