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Grâce présidentielle - 37 prisonniers politiques en résidence surveillée

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Écrit par Alphonse Maka   
Lundi, 23 Mars 2009 00:00
Le Président de la Haute autorité de la transition, Andry Rajoelina a octroyé une grâce à tous les prisonniers politiques, lors de son discours à l’occasion de la cérémonie officielle de son installation. 37 prisonniers politiques détenus à la maison de force de Tsiafahy et d’Antanimora sont transférés, dès samedi dernier, à un autre lieu. Leur dossier sera étudié cas par cas en attendant une loi d’amnistie.
tsiafahy-2« Pour entamer le changement et la réconciliation nationale, j’ai décidé ce jour (samedi dernier) d’octroyer la grâce à tous les prisonniers politiques, incarcérés dans le pays comme ceux en exil…». Cette déclaration est de Andry Rajoelina au cours de son allocution samedi dernier, qui a été, notons-le, favorablement accueillie  par les 60 000 personnes présentes au stade de Mahamasina. Les autres condamnés bénéficieront également d’une réduction de peine. Sitôt l’après-midi, les familles et amis des détenus politiques s’étaient rués vers la maison de force de Tsiafahy, à une vingtaine de kilomètres au sud de la Capitale. Mais, jusqu’à la tombée de la nuit, aucun prisonnier n’a franchi la porte métallique de Tsiafahy. De même pour ceux qui sont incarcérés à la prison centrale d’Antanimora. La tension a monté de plusieurs crans.
Joint par téléphone, la ministre de tutelle, chargée de l’exécution de ces décisions selon les dispositions des textes en vigueur, a signalé que le décret relatif à cette décision du Président de la Haute autorité de la transition est encore en phase d’élaboration. Mais, devant la pression, le nouveau locataire de la maison rouge de Faravohitra a fait le déplacement à Tsiafahy pour apaiser la tension. Devant des militaires, la ministre a pu discuter directement avec les détenus. Tenus à l’écart, les journalistes et la famille des prisonniers n’ont pas pu suivre le déroulement des discussions. Après une vingtaine de minutes, la voiture de la ministre de la Justice a pris la direction d’Antananarivo, mais elle a été bloquée par d’autres véhicules. Elle a informé les familles des détenus que le décret en question sera pris en compte au plus tard mardi (demain) et ils ne seront libres qu’après ce décret. Une déclaration qui a envenimé la situation, toutefois, la ministre a pu continuer sa route, mais avec la voiture du Président du Fcd, Alain Ramaroson.
Cris et larmes de joies
A peine 5 minutes après le départ de la ministre de la Justice, les Bolo, Voninahitsy, Pety, Coutiti, Gl Fidy… sont apparus. Au total, 23 détenus politiques coutitiont franchi le portail de la maison de force de Tsiafahy. Des exultations, des cris et des larmes de joies, des accolades… entre les ex-détenus et leurs familles. Pety Rakotoniaina et Jean Eugène Voninahitsy se sont adressés à la foule pour la remercier ainsi que la Haute autorité de l’Etat et les militaires présents sur le lieu. De son côté, le colonel Assolant Coutiti a appelé sa mère pour annoncer la nouvelle.
Le cortège a pris la direction de la Capitale, mais il a fait une halte de quelques minutes à l’extérieur du Palais d’Iavoloha. Informés, le Chef d’Etat-major de l’armée, le colonel André Ndriarijaona et le commandant des forces d’interventions de la gendarmerie, le colonel Bruno Razafindrakoto ont rejoint le cortège à l’entrée de la ville, plus précisément à Ankadimbahoaka. Suite à des discussions, les prisonniers politiques sont mis en résidence surveillée en attendant la sortie du décret d’application de la mesure de clémence du Président de la Hat. 14 autres prisonniers politiques détenus à la maison centrale d’Antanimora sont également en résidence surveillée.
Une loi d’amnistie en vue
Pour mieux éclaircir l’opinion publique sur cette affaire, la ministre de la Justice Christine Razanamahasoa a tenu un point de presse, hier, à son bureau à Faravohitra. Elle a tenu à souligner que la grâce est une mesure de clémence et un droit régalien du Président de la Hat. Toutefois, a-t-elle insisté, il n’y aura pas de remise générale de peine. Les dossiers des détenus politiques seront étudiés par cas.
tsiafahy-3En tout cas, une loi d’amnistie sera prise incessamment pour que les anciens condamnés devraient recouvrer leur droit civique. A cet effet, les Voninahitsy, Pety, Zakahely, Pierrot, Tantely, Ratsiraka… pourraient poursuivre leur carrière politique. Répondant à la question des journalistes, la ministre a insisté que, conformément à leur statut, les hommes politiques ne devraient pas être détenus à Antanimora et encore moins à Tsiafahy. Ils devraient être mis en résidence surveillée.
En clair, ce geste de Andry Rajoelina est vraiment un grand pas vers la réconciliation nationale. Une page de l’histoire de Madagascar a tourné pour une nouvelle étape…
Alphonse Maka
 

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