« Il ne s’agit plus de remettre en question les décisions qui ont été prises lors des précédentes rencontres, à  l’instar des Assises nationales, Conférences régionales et même la dernière réunion consacrée aux élections sous l’égide de la Médiature. Il s’agit surtout d’améliorer ce qui est déjà acquis en se basant sur ce qui a été décidé auparavant ». Telles furent les précisions qui ont été apportées hier, sur une station de radio privée de la Capitale, par le vice - Premier ministre chargé de l’Intérieur. Cécile Manorohanta qui a, par ailleurs, expliqué que « tous les partis politiques légalement constitués, d’après les bases de données qui viennent d’être mises à jour par mon département, sont invités ainsi que tous les membres de la Société civile actuellement existante, tout comme les associations et autres organisations diverses ».
« Ce rendez - vous va constituer l’ultime tremplin devant propulser les Malgaches dans l’orbite du réel changement, devant être consacré pour la mise en place de la 4e République », a - t - elle indiqué.
Leaders d’opinion, notables, Ampanjaka…
Quant à Hajo Andrianainarivelo, ministre de la Décentralisation et de l’Aménagement du Territoire, il a expliqué que « les leaders d’opinion, Raiamandreny et autres notables locaux comme les Ampanjaka dans les différentes Régions de l’Ile, ont tous été invités parce qu’ils sont vraiment représentatifs de leurs Régions, et leurs opinions sont nécessaires pour que la démarche soit la plus consensuelle et inclusive possible ». En tout cas, « 1 800 invitations sont déjà lancées. Nous attendons au moins plus de 1 000 participants », indique - t - on, en outre, du côté de la Présidence de la Haute autorité de la Transition (Hat). Quoi qu’il en soit, les ministres et autres membres de la Hat ne sont pas en reste pour relayer et donner un peu plus de tonus, par des explications purement techniques, à la décision du Président Rajoelina de réunir toutes les Forces vives de la Nation pour décider ensemble de la voie à suivre dans cette optique de faire extirper le pays de l’impasse politique.
Auto - exclusion et patriotisme
Julien Reboza, pour sa part, a été clair hier : « nous prendrons les décisions finales sur la feuille de route définitive de la Transition et sur toutes les questions relatives à l’organisation des élections ». Et ce Secrétaire général de l’Udr - C (« Union des démocrates et des républicains pour le changement », plate - forme regroupant les partis politiques soutenant le régime actuel) de continuer : « ceux qui ne prendront pas part à ces Etats généraux de la Transition, lesquels n’ont pourtant pour but que de rendre au Peuple malgache le droit de choisir son destin, s’excluront d’eux - mêmes du processus de changement, et le Peuple jugera ». Une manière pour lui de déjà prévenir, sinon de mettre en garde, ceux qui ont déclaré vouloir boycotter ce rendez - vous capital. Pour Serge Ranaivo, ministre de la Jeunesse et des Loisirs, l’enjeu de la rencontre est primordial : « on n’a pas à juger la qualité ou le statut de la personne qui convoque l’Atelier. Ce qui prime, c’est l’intérêt supérieur du Peuple. L’heure n’est plus aux futiles batailles pour l’obtention de sièges ministériels ou de quelconques avantages, devant la crise actuelle. Beaucoup de jeunes, pleins d’avenir, perdent leurs emplois. Donc, que chacun prenne ses responsabilités. C’est ce que l’on appelle du patriotisme ». Bref, outre les simples citoyens qui se sont bousculés au portillon médiatique pour manifester leurs avis sur la tenue dudit Atelier « Teny ifampierana », la classe politique semble également avoir adopté le même langage pour mobiliser tout un chacun à participer à cet ultime rendez - vous devant installer les rails de la sortie de crise.
Recueillis par Rolly M.
« Illustration de la philosophie bien malgache »
Membre de la commission ad hoc qui se charge de la mise en place de la Ceni et non moins juriste de formation, le ministre de l’Elevage, Jean de Dieu Maharante, a convié la presse, hier dans son bureau, pour apporter des explications autour de l’atelier « Teny ifampierana », des 4 et 5 mars prochains.
Portant sa double casquette de simple citoyen et de spécialiste en droit, les explications du ministre sont basées non seulement sur notre conception très originale, sinon originelle, mais également sur son point de vue juridique. « Cet Atelier est vital pour la vie de la Nation, étant donné que les résolutions y afférentes nous permettront de mettre définitivement un terme à la période de Transition et entamer dès lors le processus de l’avènement de la 4e République », a déclaré le ministre Maharante. « Teny ifampierana, cette expression a illustré la philosophie bien malgache, selon laquelle la consultation élargie se présente comme préalable à chaque décision fondamentale », a toujours expliqué le ministre de l’Elevage, qui n’a pas manqué d’insister sur la nécessité de cette consultation élargie vu le fait que l’ordre du jour, ayant touché les élections, s’avère très délicat. Le même ministre a rappelé le dernier atelier organisé sous l’égide de la Médiature de la République au Centre de conférences internationales d’Ivato, « qui s’est présenté comme un élément persuasif pour le pouvoir actuel de reporter au mois de mai les législatives, au lieu de mars comme prévu, et ceci, après consultation de tous les participants ». Sur l’éventuel boycott des trois mouvances, le ministre Maharante a indiqué que « le contingentement en mouvances est né du casting du Gic et se trouve très loin de la réalité politique du pays. Les mouvances ne pourraient pas représenter toutes les forces politiques existantes dans le pays. A cet effet, leur venue serait souhaitable mais leur absence ne pourrait pas changer grand - chose ».
Rajoelina acceptera la décision de l’Atelier
Sur la tendance du Président de la Transition, Andry Rajoelina, de mettre en place une « Assemblée constituante », ce juriste a également indiqué que « ce dernier est loin d’être un tyran et acceptera la décision de la majorité à l’issue de cet Atelier qui tranchera, si oui ou non, les élus du mois de mai prochain qui composeront l’Assemblée constituante, appelée à être dissoute après adoption de la nouvelle Constitution, vont siéger ultérieurement au sein de l’ Assemblée nationale ». Et lui de continuer, « j’ai tenu pourtant à préciser que maintenir cette Assemblée constituante en vue de garantir l’intermède du changement de régime devient une pratique courante dans plusieurs pays et ne comporte en aucun cas une opposition radicale aux principes généraux de droit ». Concernant les Accords de Maputo, le ministre de l’Elevage a réitéré l’inapplicabilité de ces textes, « certes, la Charte a déjà été signée par les parties malgaches, mais son inapplicabilité reste indéniable. Par ailleurs, voir des textes promulgués mais tombés par la suite en désuétude vu le fait qu’ils sont inapplicables, n’est pas un fait nouveau dans la pratique juridique », tout en enchaînant que « les membres du Gic se sont déjà rendus compte qu’ils se sont trompés de stratégie sur le cas malgache, mais refusent d’admettre leur propre échec pour une simple question d’orgueil devant le monde entier. Quoi qu’il en soit, nous avons choisi maintenant de régler nos différends entre Malgaches, à travers cet Atelier ». Que demande le Peuple.
Recueillis par Corinne R.
|
la "Une" Inona no Vaovao - Vous pouvez cliquer pour agrandir