Deux de ces décisions restent cruciales : adoption de Andry Rajoelina comme Président de la Transition et fin de ladite Transition en décembre 2010. Néanmoins, le choix entre la mise en place de l’Assemblée constituante, par voie d’élections, et la tenued’un Référendum pour adopter la Constitution de la 4e République, constitue le point fort des travaux de ce jour. Et les organisateurs auront à déployer des efforts supplémentaires pour enrayer les défaillances notées durant cette première journée d’hier. La première journée de l’Atelier « Teny ifampierana », tenu hier au Centre de conférences internationales Ivato, a été clôturée par la décision de reporter, pour ce jour, l’adoption par l’assistance du choix à faire entre la mise en place de l’Assemblée constituante, par voie d’élections, et la tenue d’une Conférence nationale pour dégager le projet de Constitution de la 4e République qui sera soumis à un vote référendaire. En effet, durant une bonne partie des travaux menés dans l’après - midi d’hier, de chaudes discussions ont entouré ces deux sujets fondamentaux, dans la mesure où ceux - ci constituent, sans souffrir la moindre discussion, le socle de processus du retour à l’ordre constitutionnel devant mener le pays vers la 4e République. En de pareilles circonstances, les frictions d’idées ne sont guère étonnantes, eu égard au fait que chaque intervenant, ayant soutenu ses arguments, entend asseoir le bien - fondé de ceux - ci. Néanmoins, tout le monde s’est convenu, en fin de compte hier, de reporter, pour ce jour, le vote afférent pour départager les deux cours d’idées.
Unanimité exceptionnelle
En attendant, d’autres décisions importantes ont déjà été adoptées hier par l’assistance. L’une d’elles, et non des  moindres, a été l’unanimité exceptionnelle des milliers de participants à cet Atelier de conforter Andry Rajoelina comme Président de la Transition. En effet, tous les participants se sont levés hier, comme un seul homme, pour confirmer que l’homme fort de Madagascar, durant le reste de la période transitoire, est ce leader de la lutte populaire de 2009. Par ailleurs, les travaux et débats d’hier étant axés sur la feuille de route de la Transition, le fait d’avoir confirmé que la période transitoire devra se terminer à la fin 2010 constitue également un point fort qui montre et démontre que tant l’actuel pouvoir que les participants à cet Atelier ne tiennent guère à ce que la Transition traîne le pas à la tête de la Nation au - delà de 2010. De même, la décision de mettre en place un Gouvernement d’ouverture, avec le maintien de Camille Vital à sa tête, reste également un point fort devant asseoir la légitimité et la légalité du pouvoir exécutif où, par voie de conséquences, le consensuel et l’inclusif seront de mise. Même ordre d’idées sur l’autre décision de mise en place du Conseil supérieur de la Transition d’ouverture où les membres seront, outre ceux de la Hat, issus des autres sensibilités politiques.
Consensuel et inclusif
En tout cas, dans le dessein de cerner déjà les contours des prochaines élections, l’Atelier « Teny ifampierana » a  également décidé hier de l’installation de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et de l’adoption du nouveau Code électoral durant ce mois de mars. Deux outils juridiques qui constituent le socle des élections libres, transparentes et démocratiques. En tout cas, pour revenir au point fort des travaux de ce jour, le fait par les participants de décider d’effectuer un vote de choix entre la mise en place de l’Assemblée constituante, par voie d’élections, et la tenue d’une Conférence nationale, qui va adopter le projet de Constitution à soumettre à un vote référendaire, est à marquer d’une pierre blanche. En effet, ceci prouve indiscutablement que cet Atelier « Teny ifampierana » n’est guère une opération unilatéraliste. Ainsi, il a été mis en évidence hier que les participants à cet Atelier n’ont pas bu d’un trait la décision de Andry Rajoelina, prise en décembre 2009 et confortée en février dernier, de tenir les élections constituantes pour faire sortir le pays de la crise. Il appartient, de ce fait, à ces participants de consolider, ce jour, que la résolution de ladite crise reste entre leurs mains. Un cliché qui démontre, à plus d’un titre, que le processus de sortie de crise est entièrement enveloppé des deux concepts tant scandés depuis toujours : consensuel et inclusif.
En outre, les organisateurs de cet Atelier auront grand intérêt à redoubler d’efforts, ce jour, eu égard au fait que, durant la journée d’hier, de flagrantes imperfections - tant matérielles qu’organisationnelles - ont frappé le déroulement des travaux. Des imperfections qui, néanmoins, n’ont pas enlevé en rien le caractère crucial, pour la vie de la Nation, drapé par cet Atelier de tous les espoirs. Quant aux trois mouvances qui ont décidé de boycotter ce rendez - vous capital, pour s’accrocher aveuglément à l’application de la Charte de Maputo et de l’Acte additionnel d’Addis - Abeba, les participants à l’Atelier d’Ivato, dont bon nombre sont pourtant issus des rangs desdites trois mouvances, leur ont signifié un message clair : la résolution de la crise reste indiscutablement une affaire entre Malgaches sans distinction et sans exception. Ainsi, leur absence est perçue par lesdits participants comme une menée délibérée de flagrante rupture d’avec la société malgache.
Recueillis par Rolly Mercia
Challenge gagné pour la Transition
Placé sous les auspices de la Présidence de la Transition, l’Atelier « teny ifampierana » a affiché une réussite totale, si on se réfère au nombre des participants, en dépit de l’absence des trois mouvances, ou plutôt d’une seule mouvance. Si les organisateurs ont attendu environ 1800 participants, le nombre des personnes présentes a largement dépassé cette prévision. Un challenge gagné. Le Président de la Haute autorité de la Transition, Andry Rajoelina, est même venu honorer l’ouverture officielle de cette grande assemblée.
Avant la prise de parole de l’homme fort du pays, le discours du représentant de la Sava, ayant revendiqué « des  Présidents de délégation spéciale à la place des élus locaux, qui demeurent jusqu’ici des représentants de l’ancien Président Marc Ravalomanana », a marqué le moment. Quand le Président Rajoelina s’est adressé à tous les participants, il a réitéré que « si nous, représentants des partis politiques, Sociétés civiles, responsables régionaux, dirigeants d’Eglise, sommes réunis dans cette même salle, c’est notamment dans l’unique objectif de chercher la solution pérenne à la crise qui a miné depuis plus d’un an le pays ».
Le Président de la Transition, d’un ton ferme, a expliqué que « Cette idée de Teny ifampierana constitue une philosophie bien malgache dont la consultation élargie de la grande famille s’avère primordiale à chaque grande décision. Et cet Atelier nous mènera vers l’avènement de la 4e République ». Et lui de continuer, « notre présence massive a ainsi témoigné que nous restons insensibles au clivage politique, religieux ou ethnique. Désormais, ceux qui prétendent l’exclusivité de l’avenir politique du pays vont connaître la désillusion car la rivalité politique, qui ne nous procure rien de bon, va ultérieurement cesser. Et pour un problème politique, il faut une solution politique. L’avenir de ce pays ne dépendra plus de l’humeur de 4 personnes, mais plutôt de la décision de nous tous ».
Ayant voulu faire allusion à ceux qui ont une opinion trop avantageuse d’eux - mêmes, le Président Andry  Rajoelina a par la suite indiqué que « dorénavant, la répartition des partis politiques existants en partis faibles, d’une part, et partis influents, d’autre part, n’a plus sa raison d’être, étant donné que nous sommes tous responsables de l’avenir de ce pays ». Dans son allocution, le Président de la Transition s’est porté garant du respect de l’opinion de chaque participant et « la décision de la majorité sera celle qui tracera l’avenir de ce pays », a - t - il déclaré.
Néanmoins, ce dernier a avancé que « l’assemblée d’une telle envergure requiert une considération mutuelle entre participants ».
Il a par la suite rappelé que, « dans 114 jours, nous allons célébrer pour la cinquantième fois, l’Indépendance de notre pays, et il s’avère légitime qu’en l’honneur de cet événement grandiose, nous allons trouver la solution de crise, ayant reçu le consentement de toutes les tendances, qui pourrait nous mener vers la 4e République ». Dans cette série de rappels, il a également indiqué que « après quelques jours, l’ultimatum du Gic arrivera à son terme et il nous appartient d’expliquer à la Communauté internationale le point qui lui semble obscur à notre soif de changement. Osons ainsi exprimer au monde entier que le Peuple malgache reste le seul maître de son destin ».
Rajoelina ne rejoindra pas Addis - Abeba
Notons en effet qu’à la sortie de la salle de conférence, le Président Andry Rajoelina a déclaré noir sur blanc que « je déclinerai l’invitation du Gic et ne serai pas présent à Addis - Abeba pour ce sommet du 8 mars, vu le fait que ce voyage ne figure pas parmi les priorités dans le pays. La résolution de cet Atelier constitue notre principal objectif. Par ailleurs, n’est - ce pas les membres du Gic eux - mêmes qui ont indiqué qu’il appartient aux Malgaches de chercher la solution idoine pour faire sortir le pays de l’impasse ? A la veille du cinquantenaire de l’Indépendance, il faut laisser aux Malgaches la prise en main de leur propre avenir ». Ainsi, toutes ombres de doute ont été effacées, d’un revers de la main. La mouvance Rajoelina a complètement enseveli la Charte de Maputo.
Corinne R.
Masimana et José Kely quittent la salle
Quelques minutes seulement après les discours d’ouverture, l’ancien ministre de l’Intérieur et non moins membre  du bureau politique du parti Monima, Masimana Manantsoa, ainsi que le Président de l’association Ceres, José Andrianoelison alias José Kely, ont quitté la salle de réunion. Interrogés par les journalistes à leur sortie, ils ont évoqué l’imperfection dans l’organisation de l’Atelier comme motif de leur boycott. En clair, la façon dont on dirige la réunion ne leur permet pas de s’exprimer librement et de véhiculer leurs idées. Toutefois, le Monima a profité de sa présence au Centre de conférences internationales d’Ivato pour faire connaître ses points de vue sur les affaires nationales ainsi que son schéma de sortie de crise. En un mot, le parti de Monja Roindefo réitère que « seule la Conférence nationale, la plus inclusive et la plus consensuelle possible, nous permettra d’instaurer un ordre constitutionnel stable, accepté par les Malgaches et reconnu par la Communauté internationale ». Cette proposition du Monima a été partagée aux participants de l’Atelier.
A.M
Parti Arema fortement représenté
José Andrianoelison, Ralaidovy et Vaovao Benjamin ont représenté le parti Arema à l’Atelier « Teny ifampierana ». Ou la discipline du parti a été bafouée ou il ne reste plus que son fondateur ainsi que son lieutenant, le professeur Ange Andrianarisoa, qui ont composé ce parti. Quoi qu’il en soit, la soif de voir le pays sortir de l’impasse a motivé ces personnes à y venir. Quant à Vaovao Benjamin, ayant repris sa casquette de membre du parti Arema, il a également été présent au « Teny ifampierana », et espère que « tous les participants bénéficient d’une égalité de chance ».
Ratsiraka, lâché par ses pairs
Coordonateur national du parti Arema, élu lors du dernier Congrès national du parti, les 28 et 29 novembre derniers, Ralaidovy a déclaré que « la rivalité entre les 4 chefs de file ne concerne qu’eux. Par ailleurs, si Ratsiraka a connu des difficultés lors du Sommet de Maputo, il n’a pas demandé notre avis ». Il semble que l’ancien Président Ratsiraka commence à être lâché par les derniers des partisans qui lui restent. Il a par la suite insisté sur le fait que « étant Coordonateur national de l’Arema, je suis ici en tant que représentant officiel de notre parti ». Il a également indiqué que « cet Atelier se présente comme une occasion permettant de faire connaître l’opinion de tous les participants. En passant, j’ai tenu à souligner qu’à notre avis, quand on veut construire quelque chose, il faut commencer de la base. A cet effet, la nouvelle Constitution pourrait être un préalable à la série d’élections à venir ».
Peu de temps après l’ouverture officielle de l’Atelier, José Andrianoelison alias José Kely, dont l’organisation a provoqué la frustration de ses attentes, a quitté la salle de conférence. Néanmoins, il a souligné devant la presse présente, que « ma venue signifie grand - chose, mais je trouve inadmissible de ne pas pouvoir apporter une petite retouche à l’organisation. J’aurais préféré opérer en travaux de commission selon le programme prévu, plutôt que de voir ces participants qui se livrent à des discussions stériles à n’en plus finir ».
Corinne R.
« C’est une honte pour nous ! »
 Répondant à la question des journalistes sur l’absence des trois mouvances politiques au Centre de conférences internationales d’Ivato, le ministre de la Décentralisation et de l’Aménagement du Territoire, Hajo Andrianainarivelo, n’a pas caché sa déception face à un tel geste de la part de nos concitoyens. « C’est une honte pour nous », a – t - il regretté tout en signalant que « ces gens - là ont massivement répondu aux invitations des étrangers ou de la Communauté internationale pour discuter de la sortie de crise à Madagascar ». Bizarre ! Or, durant l’Atelier « Teny ifampierana », il s’agit d’une rencontre malgacho - malgache pour trouver une solution consensuelle à la crise. En tout cas, la rencontre d’Ivato est réservée aux partis politiques qui vont participer aux prochaines élections mais non pas aux mouvances. Concernant les élections, le patron de la Décentralisation a lancé un défi à la Communauté internationale. « Nous sommes d’accord si la Communauté internationale va organiser les élections à notre place pour qu’elles soient vraiment libres et transparentes », a – t – il fait part. Abordant la question ayant trait aux menaces de sanctions de la Communauté internationale, ce membre du Gouvernement a précisé que l’Union européenne a déjà suspendu ses aides depuis 2008. Par contre, pour l’Union africaine et la Sadc, M. Andrianainarivelo s’interroge sur le montant total des aides apportées par ces deux organisations à la population malgache.
A.M
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la "Une" Inona no Vaovao - Vous pouvez cliquer pour agrandir